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Analyse du cabinet

Sursis simple et sursis probatoire : ce qui change pour le condamné

Par Maître Charles Bruguière8 min de lecture
Illustration : Sursis simple et sursis probatoire : ce qui change pour le condamné

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre sursis simple et sursis probatoire ?
Le sursis simple n'impose aucune obligation : le condamné doit seulement ne pas commettre de nouveau crime ou délit pendant cinq ans (article 132-35 du code pénal). Le sursis probatoire ajoute un suivi par le SPIP et des obligations, comme des soins, un travail ou l'interdiction de contacter la victime, pendant un délai de probation de douze mois à trois ans (articles 132-42 à 132-45).
Le sursis est-il révoqué automatiquement en cas de nouvelle condamnation ?
Non. Depuis la loi du 15 août 2014, la révocation du sursis simple exige une décision spéciale du tribunal qui prononce la nouvelle condamnation à une peine de réclusion ou d'emprisonnement sans sursis ; elle peut être totale ou partielle (article 132-36 du code pénal). Pour le sursis probatoire, la juridiction statue après avis du juge de l'application des peines (article 132-48).
Que se passe-t-il si l'on ne respecte pas les obligations du sursis probatoire ?
Le juge de l'application des peines peut, d'office ou sur réquisitions du parquet, prolonger le délai de probation ou révoquer le sursis en tout ou partie, par jugement motivé après un débat contradictoire où le condamné peut être assisté d'un avocat (article 742 du code de procédure pénale). Il peut statuer même après la fin du délai si le manquement a eu lieu pendant celui-ci.
Une condamnation avec sursis apparaît-elle sur le casier judiciaire ?
Oui, tant qu'elle n'est pas non avenue. Elle sort ensuite du bulletin n° 2, celui que consultent certaines administrations et employeurs, sauf exceptions comme le suivi socio-judiciaire ou certaines interdictions professionnelles (article 775, 4°, du code de procédure pénale). Le délai est de cinq ans pour un sursis simple et correspond à la fin de la probation pour un sursis probatoire.
Peut-on obtenir la fin anticipée d'un sursis probatoire ?
Oui. Si le condamné respecte ses obligations et que son reclassement paraît acquis, le juge de l'application des peines peut déclarer la condamnation non avenue avant la fin du délai de probation. Il ne peut toutefois pas être saisi avant l'expiration d'un délai d'un an à compter du jour où la condamnation est devenue définitive (article 744 du code de procédure pénale).
Peut-on avoir un sursis simple si l'on a déjà été condamné ?
Seulement si l'on n'a pas été condamné, dans les cinq ans précédant les faits, à une peine de réclusion ou d'emprisonnement pour un crime ou un délit de droit commun (article 132-30 du code pénal). Une condamnation antérieure à une amende n'empêche pas le sursis simple, mais il ne peut alors porter que sur l'emprisonnement (article 132-31).
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À propos de l'auteur

Portrait de Maître Charles Bruguière

Maître Charles Bruguière

Avocat pénaliste au Barreau de Paris

Avocat à la Cour, Maître Charles Bruguière exerce exclusivement en droit pénal. Il intervient en urgence 24h/24 à Paris et sur tout le territoire pour la défense des personnes mises en cause.

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