Quand faut-il appeler un avocat pénaliste ?
La réponse tient en une phrase : le plus tôt possible, parce que le droit pénal fonctionne à l'heure et non à la semaine. Cinq situations reviennent tous les jours au cabinet, et chacune a son horloge propre.
La garde à vue. Elle ne peut excéder vingt-quatre heures, mais le procureur de la République peut, par autorisation écrite et motivée, la prolonger d'un nouveau délai de vingt-quatre heures lorsque l'infraction est un crime ou un délit puni d'au moins un an d'emprisonnement et que cette prolongation est le seul moyen d'atteindre les objectifs de l'enquête fixés par la loi (article 63 du code de procédure pénale). Dès le début de la mesure, et à tout moment ensuite, la personne peut demander à être assistée par un avocat de son choix ou commis d'office (article 63-3-1). Cet avocat s'entretient avec elle confidentiellement, pour une durée qui ne peut dépasser trente minutes (article 63-4), et assiste aux auditions et confrontations si elle le demande (article 63-4-2). C'est là que se fixent les déclarations qui suivront le dossier jusqu'à l'audience. Le détail de cette phase est expliqué sur la page consacrée à la garde à vue.
La convocation. Recevoir une convocation en justice ou une citation n'est pas une formalité administrative. Le délai entre la délivrance de la citation et le jour de l'audience est d'au moins dix jours pour une personne résidant en France métropolitaine (article 552) : ces dix jours ne sont pas du temps mort, ce sont les jours pendant lesquels le dossier se lit, les pièces se rassemblent et la ligne de défense se décide. Se présenter seul à une audience correctionnelle en découvrant le dossier sur place est le scénario que le cabinet voit le plus souvent regretter.
Le déferrement. À l'issue de la garde à vue, la personne peut être conduite devant le procureur de la République. L'avocat, ou la personne déférée si elle n'est pas assistée, consulte le dossier sur-le-champ, communique librement avec son client, puis présente des observations sur la régularité de la procédure, la qualification retenue, le caractère éventuellement insuffisant de l'enquête, la nécessité de procéder à de nouveaux actes utiles à la manifestation de la vérité et les modalités d'un engagement éventuel des poursuites ou d'un recours à la comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (article 393). Ces quelques minutes décident souvent de la suite : classement, convocation à une audience ultérieure, ouverture d'une information judiciaire ou comparution immédiate, possible lorsque la peine encourue est d'au moins deux ans, ou d'au moins six mois en cas de délit flagrant (article 395).
La mise en examen. Le juge d'instruction ne peut y procéder qu'à l'égard des personnes contre lesquelles il existe des indices graves ou concordants rendant vraisemblable leur participation aux faits, et seulement s'il estime ne pas pouvoir recourir au statut de témoin assisté (article 80-1). La différence entre les deux statuts est loin d'être symbolique, et elle se plaide.
La plainte reçue, ou la plainte à déposer. Apprendre qu'une plainte vous vise appelle la même réaction que les situations précédentes : préparer, plutôt que subir la convocation qui suivra. Du côté des victimes, l'action civile appartient à ceux qui ont personnellement souffert du dommage directement causé par l'infraction (article 2), et la plainte avec constitution de partie civile devient recevable lorsque le procureur a fait savoir qu'il ne poursuivrait pas ou après trois mois sans réponse à une plainte déposée contre récépissé ou par lettre recommandée avec accusé de réception (article 85). Cette attente n'est pas exigée lorsque les faits sont un crime, ni pour les délits de presse régis par la loi du 29 juillet 1881 et certains délits électoraux : la victime peut alors se constituer partie civile immédiatement. Pendant ce délai de trois mois, la prescription de l'action publique est suspendue à son profit.
Ce que fait concrètement le cabinet à chaque stade
Pendant l'enquête. Le travail commence au commissariat et se poursuit auprès du parquet : entretien avec la personne gardée à vue, assistance aux auditions, vérification de la régularité des actes, puis, avant l'orientation du dossier, transmission d'éléments de personnalité et d'observations écrites. Beaucoup de dossiers se jouent à ce moment, quand personne ne regarde encore.
Pendant l'instruction. Le cabinet dépose des demandes d'actes et d'expertises, discute les placements en détention provisoire devant le juge des libertés et de la détention, qui les décide à l'issue d'un débat contradictoire, forme appel des ordonnances du juge d'instruction comme de celles du juge des libertés et de la détention devant la chambre de l'instruction, et présente ses observations avant le règlement du dossier. Une information judiciaire dure souvent plusieurs années : la présence régulière de l'avocat évite qu'elle se construise à sens unique. En dehors de l'instruction, la détention provisoire peut être ordonnée par le tribunal correctionnel lui-même, en comparution immédiate, en comparution à délai différé ou par mandat de dépôt décerné à l'audience, ou par le juge des libertés et de la détention saisi par le parquet lorsque le tribunal ne peut pas se réunir le jour même.
À l'audience. La préparation du client compte autant que la plaidoirie. Sont examinées les nullités de procédure soulevées avant toute défense au fond, la qualification retenue, la matérialité des faits, puis la peine et ses conséquences concrètes : permis, emploi, autorisation d'exercer, mention au casier judiciaire. Lorsque la condamnation est inévitable, la discussion porte sur la peine utile, et parfois sur son effacement du bulletin n°2, qui peut se demander dès le jugement de condamnation ou plus tard, par requête. Obtenir cette exclusion met fin aux interdictions, déchéances et incapacités qui résultent de la condamnation, ce qui est souvent l'enjeu réel pour un emploi ou un agrément. La démarche reste en revanche fermée aux personnes condamnées pour l'une des infractions mentionnées à l'article 706-47 du code de procédure pénale, dont les infractions sexuelles.
En appel et après. L'appel d'un jugement correctionnel se forme dans les dix jours à compter du prononcé, sous les réserves de l'article 498. Le délai est court et il ne se rattrape pas : la décision d'interjeter appel se prend donc à froid, dossier en main, dans les heures qui suivent l'audience. Vient enfin l'exécution de la peine, où se jouent les aménagements de peine devant le juge de l'application des peines (article 712-6 du code de procédure pénale). Le tribunal correctionnel peut lui aussi aménager la peine dès l'audience, sous détention à domicile avec surveillance électronique, semi-liberté ou placement extérieur, lorsque l'emprisonnement ferme prononcé n'excède pas un an (article 464-2). Les mesures les plus lourdes, comme la libération conditionnelle et la suspension de peine qui échappent au juge de l'application des peines ou le relèvement de la période de sûreté, sont décidées par le tribunal de l'application des peines, formation collégiale (article 712-7).
Cabinet à Paris 7e
Une garde à vue, une convocation ou un déferrement en cours ? Le cabinet répond immédiatement.
Devant quelles juridictions le cabinet intervient
Le cabinet intervient régulièrement devant le tribunal judiciaire de Paris et devant les juridictions de la couronne : Bobigny, Créteil, Nanterre, Versailles, Évry, Meaux et Pontoise. Chacune a ses habitudes d'audiencement, ses rythmes et ses pratiques en matière de peine, et ces différences se travaillent. Les appels sont portés devant la cour d'appel de Paris ou celle de Versailles selon le ressort.
En matière criminelle, la répartition est fixée par la loi : les personnes majeures accusées d'un crime puni de quinze ou vingt ans de réclusion criminelle sont jugées en premier ressort par la cour criminelle départementale (article 380-16), composée d'un président et de quatre assesseurs, tous magistrats professionnels, sans jury populaire (article 380-17). Les crimes plus lourds relèvent de la cour d'assises, de même que l'appel des décisions criminelles. La technique d'audience n'y est pas la même : devant des magistrats, la démonstration prime ; devant un jury, la clarté du récit compte autant que le droit.
Comme tout avocat, l'avocat inscrit au Barreau de Paris plaide enfin sans limitation territoriale devant toutes les juridictions françaises (article 5 de la loi du 31 décembre 1971), sous réserve des règles propres aux avocats au Conseil d'État et à la Cour de cassation, seuls habilités à représenter les parties devant ces deux juridictions. Le cabinet se déplace en province lorsque le dossier l'impose, notamment pour les audiences criminelles et les informations judiciaires ouvertes hors d'Île-de-France.
Comment se déroule une première prise de contact
Tout commence par un appel au 01 87 66 00 48. Ce premier échange sert à comprendre où en est la procédure, ce qui est reproché, quels délais courent déjà, et il est couvert par le secret professionnel, que le dossier soit confié au cabinet ou non. Lorsque la situation est urgente, une garde à vue en cours par exemple, l'organisation de l'intervention se décide dans la foulée. Un proche peut appeler à la place de la personne concernée.
Vient ensuite l'analyse du dossier, au cabinet 9 rue Léon Vaudoyer à Paris 75007 ou à distance : lecture des pièces, identification des points de procédure, des éléments de personnalité à réunir et des scénarios possibles. Le cabinet dit ce qui est probable et ce qui ne l'est pas ; aucun résultat ne se promet en droit pénal, et une défense sérieuse commence par une évaluation franche.
Enfin, les honoraires sont fixés avant toute intervention et consignés par écrit. L'article 10 de la loi n° 71-1130 du 31 décembre 1971 impose la conclusion d'une convention d'honoraires écrite, précisant le montant ou le mode de détermination des honoraires couvrant les diligences prévisibles ainsi que les frais et débours envisagés, sauf urgence, force majeure ou intervention au titre de l'aide juridictionnelle totale. Ce même texte interdit de fixer les honoraires en fonction du seul résultat judiciaire, tout en autorisant la convention qui, en plus de la rémunération des prestations effectuées, prévoit un honoraire complémentaire de résultat. Le fonctionnement retenu par le cabinet est détaillé sur la page honoraires.
Les matières traitées par le cabinet
Garde à vue
Intervention à toute heure au commissariat : entretien confidentiel de trente minutes au plus (art. 63-4) et assistance aux auditions et confrontations (art. 63-4-2).
Comparution immédiate
Le jour du déferrement : consultation du dossier sur-le-champ (art. 393), discussion de la détention provisoire, demande de renvoi pour préparer la défense (art. 397-1).
Instruction
Demandes d'actes et d'expertises, contestation des placements en détention, appel des ordonnances du juge, observations avant le règlement du dossier.
Cour d'assises et cour criminelle
Les crimes punis de quinze ou vingt ans de réclusion sont jugés par la cour criminelle départementale, composée de cinq magistrats sans jury (art. 380-16 et 380-17) ; les autres relèvent de la cour d'assises.
Pénal des affaires
Escroquerie, abus de biens sociaux, blanchiment, fraude fiscale : dossiers longs, très documentés, où la défense se construit dès l'enquête préliminaire.
Défense des victimes
Plainte, constitution de partie civile, évaluation du préjudice et suivi de l'indemnisation, de l'enquête à l'exécution de la décision.
Les contentieux les plus fréquents à Paris
Certaines infractions reviennent plus que d'autres devant les juridictions parisiennes et font l'objet de pages dédiées, plus détaillées que la présente présentation : les affaires de stupéfiants, les violences conjugales, les dossiers d'escroquerie et de délinquance économique, le pénal routier, les faits de harcèlement et les agressions sexuelles. Le point commun de ces dossiers est la vitesse : entre la première audition et l'audience, la fenêtre utile se compte souvent en jours.
Questions fréquentes - avocat pénaliste à Paris
Le cabinet intervient devant les tribunaux judiciaires de :
- TJ de Paris
- TJ de Bobigny
- TJ de Créteil
- TJ de Nanterre
- TJ de Évry
- TJ de Versailles
- TJ de Meaux
- TJ de Pontoise
Voir aussi : la garde à vue, la comparution immédiate, l'instruction, l'urgence pénale et les honoraires.
Page rédigée sous la responsabilité de Maître Charles Bruguière, avocat au Barreau de Paris, cabinet exclusivement dédié au droit pénal.