Étude de cas
Agression sexuelle
Relaxe totale en appel et indemnisation pour 92 jours de détention injuste.
Resultat obtenu
- Relaxe totale prononcée par la chambre des appels correctionnels
- 92 jours de détention provisoire injuste reconnus
- Plusieurs dizaines de milliers d'euros obtenus en indemnisation
Situation initiale
Notre client, M. D., chef d'entreprise de nationalite francaise residant à l'etranger, a ete mis en examen du chef de viol avant que les faits soient requalifies en agression sexuelle sur conjoint en cours d'instruction. Par jugement correctionnel, il a ete declare coupable et condamne à quatre ans d'emprisonnement, dont deux ans ferme. Un mandat de depot a ete decerne à l'audience : M. D. a ete incarcere immédiatement, à plus de 500 kilometres de sa compagne et de l'enfant qu'il élevait. Les enjeux etaient considérables : une condamnation infamante dans une affaire à caractere sexuel, une periode de détention particulierement éprouvante, et plusieurs contrats professionnels compromis par son incarcération.
Problématique juridique
Ce dossier presentait une double complexite. Sur le plan pénal, il s'agissait de demontrer devant la chambre des appels correctionnels que les éléments constitutifs de l'agression sexuelle n'etaient pas réellement caracterises et que la condamnation en premiere instance reposait sur une appréciation erronee des preuves et des faits. Sur le plan indemnitaire, une fois la relaxe acquise, il fallait saisir la Cour d'appel de Paris pour obtenir réparation des 92 jours de détention provisoire injustement subis.
La défense pénale : obtenir la relaxe en appel
1. Analyse critique et déconstruction du dossier à charge
Dans les affaires à caractere sexuel, la parole de la victime constitue souvent l'element central de l'accusation. Le cabinet a procede à une lecture exhaustive et methodique de l'ensemble des pièces de la procedure : procès-verbaux d'audition, expertises, actes d'instruction, éléments medicaux. Cette analyse a permis d'identifier les incohérences, les évolutions de déclarations et les insuffisances des éléments à charge, sans jamais mettre en cause la personne de la plaignante en dehors des contradictions strictement factuelles du dossier.
2. Démontrer l'absence d'éléments constitutifs de l'infraction
La défense a demontre point par point que les éléments constitutifs de l'agression sexuelle n'etaient pas caracterises à l'encontre de M. D. : absence de contrainte, de menace, de violence ou de surprise au sens de l'article 222-22 du Code pénal. L'argumentation s'est appuyée sur une analyse precise des déclarations successives et des éléments objectifs du dossier.
3. La plaidoirie en appel
La plaidoirie devant la chambre des appels correctionnels a articulé l'ensemble de ces arguments en une démonstration structurée, conduisant la Cour à prononcer la relaxe totale de M. D. sur l'ensemble des faits reprochés.
Votre situation vous préoccupe ? Contactez-nous
01 87 66 00 48L'action indemnitaire : réparation pour détention injuste
Une fois la relaxe acquise, le cabinet a immédiatement saisi la Cour d'appel de Paris pour obtenir réparation des 92 jours de détention provisoire injustement subis. Cette procedure, prévue à l'article 149 du Code de procedure pénale, permet à toute personne ayant fait l'objet d'une détention provisoire suivie d'un non-lieu, d'une relaxe ou d'un acquittement d'obtenir une indemnisation du préjudice subi.
Le cabinet a documenté l'ensemble des préjudices : impact psychologique de l'incarcération, contrats professionnels compromis, préjudice moral lié à la séparation familiale, et circonstances particulierement éprouvantes de la détention à plus de 500 kilometres du lieu de vie de M. D. Face aux tentatives de minoration de l'État, le cabinet a tenu ses positions et obtenu une indemnisation significative de plusieurs dizaines de milliers d'euros.
Ce que dit la loi : agression sexuelle et indemnisation
Depuis la loi n° 2025-1057 du 6 novembre 2025, l'agression sexuelle est définie à l'article 222-22 du Code pénal comme tout acte sexuel non consenti, le consentement devant être libre et éclairé, spécifique, préalable et révocable. Elle est punie de cinq ans d'emprisonnement et de 75 000 euros d'amende (article 222-27). À l'époque des faits, l'infraction supposait la violence, la contrainte, la menace ou la surprise ; ces situations demeurent dans la loi comme des cas dans lesquels le consentement fait défaut, et la défense consiste toujours à démontrer que les éléments constitutifs ne sont pas réunis.
L'article 149 du Code de procedure pénale prévoit l'indemnisation de la détention provisoire injuste lorsqu'elle est suivie d'un non-lieu, d'une relaxe ou d'un acquittement. L'indemnisation couvre le préjudice moral, matériel et professionnel subi du fait de la détention.
En savoir plus sur la détention provisoire
Cette étude de cas est publiée à des fins pédagogiques. Les noms et éléments d'identification ont ete anonymisés. Elle ne constitue pas un engagement de resultat, chaque affaire etant unique dans ses faits et son contexte juridique.
